Bois Noirs, Monts du Forez, Vallée de la Dore, Haut-Livradois… En 2025, le Parc a valorisé sur ses réseaux sociaux les paysages du Livradois-Forez, en mettant en valeur une unité paysagère par mois. Mais qu’est-ce qu’une unité paysagère, et laquelle avez-vous préféré découvrir ?
Qu’est-ce qu’une unité paysagère ?
Une unité paysagère, c’est un peu comme un « pays » à l’intérieur du paysage : un morceau de territoire doté de sa personnalité, de son histoire et de ses usages… et que l’on peut reconnaître presque d’un coup d’œil. Cette notion est au cœur de la manière dont les Parcs naturels régionaux racontent leurs territoires.
Concept à la fois sensible et géographique, l’unité paysagère correspond à une partie de territoire qui forme un ensemble lisible, cohérent et reconnaissable, tant par ses formes physiques que par les usages et les regards qui y sont portés. En traversant le Livradois-Forez, on perçoit intuitivement ces changements : une vallée forestière encaissée laisse place à un plateau agricole ouvert, puis à un bourg compact accroché à un versant ou un village linéaire le long d’une route départementale. À chaque fois, l’ambiance, les structures paysagères, les horizons se transforment et racontent ce qui a poussé, ici, les habitants à construire, planter, aménager, contempler une portion du pays.
Au cours de l’histoire, de nombreux témoignages sensibles issus de la littérature, de la presse locale, de l’interprétation des artistes, des photographes ou des mémoires habitantes ont décrit les paysages du Livradois-Forez. Les regards portés sur les paysages bâtissent des imaginaires : les Hautes-Chaumes deviennent un archipel émergeant des nuages, la vallée de la Durolle, une porte vers l’Enfer. Les paysages, comme les savoir-faire locaux, l’histoire, les mémoires locales, font partie de l’identité du Livradois-Forez, l’ancrent dans une continuité et racontent son appropriation par les habitants. C’est ainsi que l’on retrouve les noms des unités paysagère déclinés sous différentes formes : le miel du Haut-Livradois, le SPA des Bois Noirs, la miellerie du Forez, la fromagerie des Hautes-Chaumes…
Les unités paysagères sont un point d’entrée pour reconnaître, comprendre le Livradois-Forez et dessiner une trajectoire partagée pour son avenir. Parce qu’elles font partie du quotidien de tous, elles permettent de se doter d’un langage commun pour valoriser ses singularités et penser l’aménagement du territoire.
Quelles sont les unités paysagères du Livradois-Forez ?

Entre monts et plaines, vallons et plateaux, le Livradois-Forez se déploie dans une diversité paysagère qui n’est pas toujours évidente à percevoir d’un seul coup d’œil. L’ampleur du territoire – environ 3 358 km² (335 800 hectares) – rend ces transitions subtiles et progressives, et souligne sa complexité. Le projet de Charte 2026-2041 du Parc a précisément offert l’occasion de porter un regard plus affiné sur cette richesse et de cartographier 12 unités paysagères distinctes :
- Les Bois Noirs, montagnes boisées parsemées de petites clairières habitées.
- La vallée de la Durolle, ponctuée de rouets et de coutelleries.
- Les gorges de la Dore, bien plus qu’un simple couloir.
- La vallée de l’Ance et ses poirières.
- La plaine d’Ambert et les pies-grièches.
- Les monts du Forez et leur toit tourbeux.
- La plaine entre Dore et Allier, maillée d’un réseau de fermes.
- Le Bas-Livradois et ses vergers.
- Le Haut-Livradois, pays des grandes clairières.
- Les contreforts du Livradois et leurs vues volcaniques.
- Le Billomois-Comté et sa mosaïque agricole diversifiée.
- Les plateaux du Haut-Velay granitique et leurs murets de pierre.
12 mois, 12 unités : quelles est votre unité paysagère préférée ?

En 2025, le Parc a mis en place une série de publications sur les réseaux sociaux valorisant chaque mois une unité paysagère du Livradois-Forez. Le rendez-vous mensuel a été l’occasion de découvrir des photographies, dessins, textes sensibles et lectures paysagères mettant en avant les spécificités des paysages du Livradois-Forez.
Signe de l’attachement des habitants et visiteurs du Parc au Livradois-Forez et à ses paysages caractéristiques, trois unités ont rencontré un succès tout particulier :
Top 3 : Le Haut-Livradois, pays des clairières habitées
"Forêts
Hospitalières comme sanctuaires, cathédrales de troncs sous le dôme mouvant que la tempête brasse avec un bruit de mer ; clairières de lumières filtrées par des vitraux de verdure.
Amicales, havres reposants où l'on séjourne heureux.
Claires inondées de soleil comme places publiques à midi."
- Henri Lelong, L'Auvergnat de Paris, 14 janvier 1933.
Le Haut-Livradois est le pays des chemins secrets, sinueux, mystérieux. Au détour d’un sentier, au milieu d’une brume épaisse, surgissent ça et là des pierres plantées par d’anciens moines. Toute cette montagne jadis très fortement peuplée respire l’histoire de la présence humaine.
Poumon de vie du Haut-Livradois, les clairières habitées sont nées de l’implantation du prieuré casadéen, qui s’est aménagé des espaces de vie dans ces massifs forestiers historiques. Les toutes petites clairières habitées composées de hameaux organisés autour d’une ferme, comme les clairières emblématiques de La Chaise-Dieu, Saint-Germain l’Herm, Fournols, ponctuent le manteau forestier de lieux de vie accueillants et hospitaliers.

Top 2 : La Vallée de la Dore, plus qu’un simple couloir
« Par une soirée d’hiver, sombre, tranquille, du tournant on voyait Olliergues comme fait d’ombres et d’écrans : la flèche de l’église sous le cube du donjon, les toits groupés et étagés des maisons et ateliers. Et tout cela, partout troué de miettes de lumières, glissant, tournant, se soulevant, du fond de sa nuit de grands chemins, de buttes rapides, de rivières torrentueuses »
- Texte inspiré d'Henri Pourrat
Après Ambert, la Dore s’allie à la route et au rail pour franchir ensemble l’étroit passage qui sépare les monts du Forez et du Livradois. Le relief se resserre : la rivière s’engouffre, descend quelques gradins rocheux, accélère son cours, creuse les falaises. Les nombreux vallons affluents viennent la renforcer. Elle devient plus vive, plus sonore, parfois torrentielle.
Le long de son parcours, un riche patrimoine industriel témoigne de son passé productif : à Vertolaye, Giroux, Sauviat… Sur sa butte castrale dominant un méandre aujourd’hui asséché, Olliergues illustre de manière exemplaire cette histoire. Dès le XVIIᵉ siècle, le bourg voit s’implanter une multitude d’ateliers de tissage, de papeteries et de moulinages, formant un paysage industriel dense et vivant. Les anciennes bâtisses, aujourd’hui paisibles, abritent parfois une faune discrète : le Grand Murin, chauve-souris emblématique des milieux bâtis et rivulaires, trouve ici refuge dans les combles et les cavités de pierre.
Ici, la Dore, la D906 et la voie ferrée se rejoignent et concentrent les flux : l’eau, la route et le rail s’y répondent, façonnant ensemble la vallée.
Top 1 : Les Monts du Forez
« Entre Ambert et Montbrison, il existe une île mystérieuse où la solitude partage avec les vents d’équinoxe, les pierres et les bruyères des Hautes-Chaumes, le royaume où les âmes sont des rêves nourris de ciel bleu.
L’été, les enfants s’y promènent les joues barbouillées de myrtilles. Et, lorsque le vent blanc apporte l’hiver en novembre, de bien curieux pèlerins bigarrés laissent la trace d’une procession en file rangée. Vont-ils saluer au loin le Mont-Blanc ou le Devès ? Ils se retrouveront ce soir à la jasserie autour d’un vin chaud ou d’un thé parfumé, le cœur chargé du mystère de cette île prise entre ciel et terre.
Sauront-ils qu’un jour ils foulèrent la montagne qui garde le souvenir des anciens glaciers ? »
- Texte de Jean-Pierre Fournioux, Carnet du Parc.
Haut-lieu du Parc, les monts du Forez s’élèvent comme une montagne sacrée. Au milieu des chaos éboulés, à Pierre-sur-Haute (1634 m), on découvre une étendue allant des Puys jusqu’aux Alpes, saisissant d’un seul coup d’œil l’ensemble du territoire du Livradois-Forez. Les vastes landes couvertes d’un tapis de callunes, de genêts et de myrtilles sont le vestige des âges glaciaires, et le pays de la vie pastorale d’altitude.

Et vous, que vous inspirent les paysages du Livradois-Forez ? Que vous racontent-ils du territoire ? Nous vous attendons en commentaire !
Rendez-vous en 2026, sur les réseaux sociaux du Parc, pour une nouvelle série mettant à l’honneur les paysages du Livradois-Forez…
