Une sapinière longtemps laissée en pause retrouve le chemin de la sylviculture. Une remise en gestion des plus commune en Livradois-Forez… mais ici sous une forme moins courante : bûcheronnage manuel et débardage à cheval.
mots clés : Cheval, débardage, sol, sylviculture, exploitation forestière, forêt, sapinière
Dans une sapinière dense du plateau de Condat-lès-Montboissier, les premières trouées s’ouvrent après plusieurs décennies sans intervention. Une remise en gestion à la croisée de plusieurs démarches : sylviculture mélangée à couvert continu, bûcheronnage manuel, débardage à cheval et transformation locale du bois.

Une remise en sylviculture bienvenue pour l’avenir de la forêt…
Sur une propriété privée d’une dizaine d’hectares — une surface notable à l’échelle du territoire — propriétaires, conseillers et gestionnaires forestiers se sont récemment réunis autour d’un chantier de remise en sylviculture d’une sapinière régulière située sur un plateau. La gestion de ce peuplement était en pause depuis plusieurs décennies. L’objectif est désormais d’engager une évolution progressive vers une forêt irrégulière et plus diversifiée, dans le cadre d’une sylviculture mélangée à couvert continu.

… à l’initiative d’une propriétaire très engagée…
La journée a également été l’occasion d’assister à une démonstration de bûcheronnage manuel et de débardage à cheval avec l’entreprise Trait bien fait. Ce choix technique résulte d’une volonté affirmée de la propriétaire. Bien que les sols du site soient portants et que la parcelle ne présente pas de zones humides ou autre contrainte nécessitant un mode de débardage dit « alternatif », elle a souhaité privilégier cette méthode, consciente du surcoût important qu’elle représente.

… avec des bois transformés localement…
Les bois récoltés seront valorisés localement par la scierie La Scie d’ici, située à une dizaine de minutes du chantier. Engagée en faveur d’une gestion forestière durable, cette SCOP s’approvisionne par l’intermédiaire de gestionnaires forestiers du territoire.
Pour soutenir les choix de gestion de la propriétaire et la démarche du chantier, les co-gérants de la scierie ont également choisi de rémunérer le bois à un prix légèrement supérieur à ce qu’ils font habituellement pour ce type de produits.
Par ailleurs, dans cette scierie, toutes les essences présentes localement sont valorisées : le hêtre, par exemple, est transformé en parquet.

… et exploités en compagnonnage…
Le chantier met aussi en lumière le travail du collectif Forester Groupé·es, composé de trois bûcheronnes et quatre bûcherons qui se sont formés ensemble au bûcheronnage manuel et à la sylviculture d’accompagnement.
Pour la sortie des bois, sept chevaux, deux débardeuses et un débardeur étaient à l’œuvre. L’utilisation de trinqueballes permet par ailleurs de soulager les équidés sur ce chantier où ils avait des bois de gros diamètres à sortir de la forêt, sur des longueurs de traîne relativement importantes.

… pour un beau moment d’échange et de partage
Au-delà de la démonstration technique d’un chantier atypique, cette rencontre a permis d’échanger autour de pratiques de gestion forestière qui favorisent la transmission des savoir-faire, respectent les écosystèmes et valorisent les ressources localement.
Crédits Photo : Morgane MALARD, PNRLF.