Chaque année, le Parc naturel régional Livradois Forez, en collaboration avec Chauve-Souris Auvergne, réalise une journée de comptage des chauves-souris dans plusieurs gîtes d’hibernation : les résultats sont meilleurs que l’année précédente.
mots clés : Chauve-souris, Natura 2000, Petit Rhinolophe
Depuis plusieurs années, en collaboration avec Chauve-Souris Auvergne, un comptage des chauves-souris est mené dans les gîtes d’hibernation connus du centre du Livradois-Forez. Effectué en période hivernale, ce suivi permet d’évaluer l’état de conservation d’espèces patrimoniales.
Pour plus de détails sur ce comptage, vous pouvez lire l’article de l’an dernier : Retour d’une colonie et hausse des effectifs : des résultats encourageants pour le comptage hivernal des chauves-souris – L’Echo du Parc Livradois-Forez.
284 individus recensés en 2026
En 2026, 9 gîtes (anciennes galeries minières, caves..) ont été visités, permettant de comptabiliser 284 chauves-souris, pour au minimum 9 espèces différentes. En effet, certains individus sont difficiles à identifier du fait de leur position dans de petites anfractuosités. L’espèce dominante est le Petit Rhinolophe avec 262 individus observés. À titre de comparaison, en 2025, 12 gîtes avaient été prospectés, pour un total de 265 chauves-souris, dont 234 petits rhinolophes, pour un minimum de 8 espèces différentes.
Sécuriser les gîtes pour favoriser l’hibernation
Parmi les actions engagées en 2025, l’un des principaux gîtes d’hibernation du Petit Rhinolophe a été sécurisé. L’entrée d’une galerie minière a fait l’objet d’une fermeture adaptée qui empêche les intrusions humaines tout en permettant le passage des chauves-souris et l’ouverture annuelle pour le comptage. Ces travaux, financés dans le cadre du Contrat Vert et Bleu porté par le Parc, ont été portés par l’association Chauves-souris Auvergne et réalisés par le Conservatoire d’espaces naturels d’Auvergne.
Les tunnels ferroviaires, des refuges insoupçonnés
Au-delà de ce suivi régulier, un comptage a été réalisé dans les tunnels ferroviaires non-exploités (dans le secteur de Thiers ainsi qu’entre Courpière et Ambert). Sur 19 tunnels prospectés, 91 chauves-souris ont été observées, pour un minimum de 10 espèces différentes. Ces chiffres montrent l’intérêt des tunnels qui constituent des gîtes froids, favorables à de nombreuses espèces, parmi lesquels les différentes espèces de Murins, les Oreillards, la Barbastelle et la Pipistrelle.
L’espèce la plus représentée lors de ce comptage dans les tunnels est le Grand Murin. Comme son nom l’indique, Le Grand Murin est une chauve-souris de grande taille qui peut être considérée comme globalement sédentaire. L’été, elle recherche des sites secs et chauds, le plus souvent sous les toitures, dans les combles des églises, ou les greniers. L’hiver, elles privilégient les cavités souterraines, grottes, anciennes carrières, galeries de mines, et caves. Pour chasser, le Grand Murin affectionne les zones où le sol est très accessible, comme les forêts présentant peu de sous-bois et à végétation herbacée rase. Si nous ne connaissons pas précisément la distance que l’espèce peut parcourir entre les gîtes d’été et d’hiver, il est probable qu’elle puisse se déplacer sur une cinquantaine de kilomètres. Enfin, cette espèce est classée « Vulnérable » sur la liste rouge d’Auvergne. (source : Chauve-Souris Auvergne)
Un enjeu de préservation durable
Ces résultats confirment l’importance des gîtes souterrains du Livradois-Forez pour l’hibernation des chauves-souris.
La préservation de ces sites reste un enjeu majeur pour maintenir des populations en bon état de conservation.
Le suivi annuel permet non seulement de mesurer l’évolution des effectifs, mais aussi d’orienter les actions concrètes en faveur de ces espèces discrètes et pourtant essentielles à l’équilibre des écosystèmes.

