Les macroinvertébrés constituent un maillon essentiel des écosystèmes aquatiques. On les retrouve dans tous les milieux : ruisseaux, petites et grandes rivières, lacs, etc. Symbole des cours d’eau préservés du Livradois-Forez, ils sont en ce moment facilement observables.
mots clés : biodiversité, cours d’eau, macroinvertébrés, insectes
Les macroinvertébrés sont des animaux sans squelette interne et mesurant généralement de quelques millimètres à un ou deux centimètres. Ce terme regroupe les larves d’insectes, les crustacés, les vers et les mollusques.
Ce groupe d’espèces occupe une place spécifique dans la chaîne alimentaire. En effet, ils se nourrissent essentiellement de débris de végétaux, de macrophytes (plantes aquatiques) ou de zooplancton. Ils composent ensuite une source importante de nourriture pour de nombreux prédateurs comme les poissons, les oiseaux, les amphibiens, etc.
Les macroinvertébrés les plus connus, notamment des pêcheurs à la mouche, se répartissent en trois ordres d’insectes : les éphéméroptères, les plécoptères et les trichoptères. Les espèces de ces trois groupes ont un cycle de vie similaire, comprenant un stade larvaire aquatique relativement long et un stade ailé aérien et / ou terrestre souvent très court (appelé imago). Elles sont particulièrement sensibles à la qualité de leur milieu et aux conditions physico-chimiques, ils sont donc des témoins de cours d’eau en bonne santé.
L’étude de leur biomasse et de la diversité des espèces présentes peut être utilisée pour étudier la qualité des cours d’eau. En effet, certaines espèces disparaissent lorsqu’elles ne disposent pas d’une surface suffisante d’habitat favorable ou que des paramètres comme la température de l’eau, le taux d’oxygène dissous, les concentrations en matière organique ou en produits chimiques sont dégradés. L’IBGN (Indice Biologique Global Normalisé) est un indice biotique d’évaluation de la qualité des cours d’eau qui a été la référence durant de nombreuses années. Il se construit à partir de l’identification des différents macroinvertébrés benthiques d’eau douce présents sur un site, ce qui aboutit à l’obtention d’une note. Aujourd’hui, les exigences de la Directive Cadre sur l’Eau tendent vers l’amélioration de cet indice, aboutissant à la création de l’I2M2 (Indice Invertébrés Multimétrique). Ce nouvel indice est en application depuis 2018. Plus complexe à mettre en œuvre que l’IBGN, l’I2M2 est surtout bien plus performant (plus sensible aux dégradations de qualité de l’eau ou aux modifications hydromorphologiques).


Les macroinvertébrés sont souvent méconnus. Pourtant, il existe une diversité impressionnante d’espèces avec des caractéristiques surprenantes : certaines sont de véritables orfèvres et peuvent se construire des fourreaux pour s’y protéger, d’autres ont une morphologie parfaitement adaptée à la vie dans des courants forts, d’autres encore peuvent résister dans des cours d’eau intermittents, c’est-à-dire dans lesquels il n’y a plus d’eau une partie de l’année.
Aujourd’hui, de multiples facteurs comme l’industrialisation, l’intensification de l’agriculture, le dérèglement climatique ou la production d’hydroélectricité ont contribué à dégrader les cours d’eau en France et en Livradois-Forez. Les insectes aquatiques sont de moins en moins nombreux et les éclosions massives se font de plus en plus rares. Malgré leur taille et leur aspect, les macroinvertébrés sont des espèces qu’il faut préserver, au même titre que des espèces plus emblématiques comme la Truite fario ou la Loutre d’Europe.


En mai ou en juin, promenez-vous au bord des cours d’eau et soyez attentifs, vous verrez certainement de belles éclosions de mouches de Mai. En réalité, les macroinvertébrés communément appelés mouches de Mai sont des Éphémères. Ils portent se nom car ils ne vivent que quelques jours au maximum sous leur forme volante. Vous connaîtrez désormais la vie qui se cache sous les pierres des cours d’eau, cachée dans les eaux du Livradois-Forez.
