La sécheresse se fait ressentir en Livradois-Forez

Dans le Puy-de-Dôme et notamment sur le bassin versant de la Dore, la situation hydrologique s’est dégradée, la sécheresse marque le territoire.

Le préfet du Puy-de-Dôme a dû prendre des mesures de restriction, dès la fin juin.  Le moi de juin a été particulièrement sec avec une première canicule fin mai qui a affaibli considérablement les cours d’eau. Aujourd’hui encore, une partie du département reste en crise, notamment sur la moitié Est. La totalité du bassin versant de la Dore est en restriction d’usage de l’eau, pour les eaux superficielles et souterraines.

mots clés : milieux aquatiques, sécheresse, dore

Sur la Dore, au niveau de Saint-Gervais-sous-Meymont, les débits sont au plus bas, descendant jusqu’à 0,2m3/s (16/09/2026). On note que le débit moyen mensuel de la Dore et habituellement de 9,8m3/s sur les trente dernières années, un chiffre qui risque de baisser considérablement.

Qu’est-ce qui explique cette sécheresse exceptionnelle ?

Le manque d’eau de cet été s’explique par des pluies faibles et trop peu efficaces en fin d’hiver ce qui n’a pas permis de recharger suffisamment les nappes et les cours d’eau.  Les nappes du Livradois-Forez sont réactives et ne permettent pas un stockage d’eau important. Aussi les températures douces ont favorisé l’évapotranspiration. Des niveaux records de températures de l’eau ont aussi été observés, avec pour le lac d’Aubusson d’Auvergne une eau de surface allant jusqu’à 29°C !

Une répercussion impactante pour les milieux et les espèces

Ce manque considérable d’eau a des impacts sur les milieux aquatiques qui subissent de plein fouet cette sécheresse. Des assecs sévères ont été observés sur le bassin versant sur les cours d’eau de la Jalonne, ou du Vauziron par exemple. L’écosystème aquatique se meure avec une température de l’eau beaucoup trop chaude pour les poissions et un taux d’oxygène trop faible.

Jalonne à sec – Celles sur Durolle © Sylvain Saxer, PNRLF.

Certaines espèces souffrent de cette situation plus que d’autres. Les salmonidés (Truite fario et Ombre d’Auvergne) sont très sensibles à la température de l’eau, leur optimum thermique est situé en dessous de 19°C. Au-dessus de 23°C pour l’Ombre d’Auvergne et au dessus de 25°C pour la Truite fario, les températures peuvent devenir létales. Ces espèces sont mobiles et recherchent des refuges thermiques qui leur permettent de survivre aux périodes extrêmes ; d’où l’importance de la continuité écologique des milieux aquatiques, qui permet cette circulation. D’autres espèces, comme la Moule perlière, sont moins mobiles. Elles ne peuvent se déplacer que sur de courtes distances pour se maintenir dans l’eau. Les populations de Moule perlière du Livradois-Forez sont déjà fragilisées par la diminution des effectifs et l’absence de reproduction fonctionnelle. Les débits très bas de cet été ont causé plusieurs cas de mortalité. Les secteurs amonts ainsi que les biefs de moulin sont des habitats particulièrement fragiles face à cette nouvelle menace.

Moule perlière à sec © Julien Rodier, PNRLF.

Les retenues d’eau ne sont pas la solution 

Des petites retenues d’eau peuvent être plus ou moins utiles, mais elles ne créent pas plus d’eau avec ces sécheresse et l’augmentation des températures. Celles-ci ne font que s’évaporer davantage, ces retenues s‘appauvrissent en oxygène lors de forte chaleurs, favorisant la multiplication des cyanobactéries et sont le refuge d’Espèces Exotiques Envahissantes (EEE).

Agir pour préserver demain

Les sécheresses dans les années à venir vont devenir de plus en plus fréquentes et intenses. L’augmentation des températures aussi. Les zones humides sont de véritables alliées. En effet, un mètre cube de tourbière peut stocker jusqu’à 700 litres d’eau, selon l’INRAE. Une zone humide est une véritable éponge qui permet de stocker l’eau en cas de pluie et la restituer en période sèche au cours d’eau. Ainsi, préserver et restaurer ces espaces est essentiel. Il est tout aussi important d’améliorer nos systèmes d’assainissements afin d’éviter les pollutions diffuses et d’infiltrer l’eau en ville pour favoriser son infiltration.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Conformément à la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée et au Règlement (UE 2016/679)du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données), les personnes disposent d’un droit d’accès, de rectification et d'effacement des informations qui les concernent, d'un droit d'opposition pour des motifs légitimes, d'un droit à la limitation du traitement et d'un droit de réclamation auprès de la CNIL. Les informations personnelles que vous nous communiquez par l’envoi du formulaire ou par tout autre moyen sont strictement confidentielles et destinées au traitement de vos demandes par les agents du Parc. Elles ne seront transmises à aucun tiers. Vous avez la possibilité d’exercer vos droits par demande écrite accompagnée d’une pièce d’identité, à destination de la Maison du Parc.

Ce site est protégé par reCAPTCHA. Les règles de confidentialité et les conditions d'utilisation de Google s'appliquent.

The reCAPTCHA verification period has expired. Please reload the page.