Dossier : Le Livradois-Forez fait figure d’exemple en matière d’urbanisme !

Les 24 et 25 septembre , une douzaine d’élus et techniciens du Parc naturel régional des Pyrénées Ariégeoises est venue à la rencontre d’élus de Vollore-Ville, Billom et Chalmazel-Jeansagnière pour comprendre leur politique de revitalisation de centre-bourg.

mots clés : Accueil, convivialité, centre-bourgs, vacance, politique culturelle, espaces publics, PLUi, grand bâtiment vacant, friche touristique, renaturation, commerces, acquisition, rénovation, éco-pâturage, politique sport-nature, tiers lieu

Le Parc Livradois-Forez est, depuis une dizaine d’années, reconnu pour sa politique volontariste en faveur de la revitalisation des centres-bourgs. Pour rencontrer les élus ayant mené ces politiques, le Parc des Pyrénées Ariégeoises a organisé un voyage d’étude de deux jours en Livradois-Forez. La délégation pyrénéenne a réuni des élu·es de 5 communes ariégeoises, représentant chacun·e entre 80 et 1400 habitants, et des technicien·nes du CAUE de l’Ariège et du Parc naturel régional des Pyrénées Ariégeoises.

Le bourg de Vollore-Ville et son histoire millénaire (ancienne voie gallo-romaine, motte castrale du Moyen-âge) auraient pu s’endormir paisiblement après l’exode rural, le déplacement des axes de communication dans la vallée au XXème siècle et les commerces qui ferment…

Mais Vollore-Ville a su jouer sa partition. Car, il s’agit bien de musique ici !

Une batterie-fanfare centenaire, les « Concerts de Vollore »,et les « Vendredis de Vollore » font venir curieux et fidèles, Vollorois, Thiernois et Puydômois … voire au-delà.

C’est un bourg fier de ses origines et sûr de sa vivacité qui rénove ses espaces publics, accueille de nouveaux commerçants (coiffeuse, épicerie, restaurants, bar à jeux…), des touristes (2 campings, de nombreux gîtes privés…) et propose à ses administrés un lieu de vie accueillant : la Maison Archimbaud. Inauguré en juillet 2026, ce tiers-lieu permet de réinventer les usages du bourg : ateliers éphémères, salle de réunion, de yoga ou de danse, médiathèque, coworking, hébergement temporaire…

Vollore-Ville valorise, réinvente et crée son patrimoine au jour le jour.

Visite du bourg de Vollore-Ville – jeudi 24 septembre 2026 © Parc Livradois-Forez
La maison Archimbaud – Tiers-lieu à Vollore-Ville © Parc Livradois-Forez

Dans les Pyrénées comme en Livradois-Forez, les documents d’urbanisme ne font pas rêver.

Jérôme Pireyre, Président de Billom Communauté et précédemment vice-président à l’urbanisme le sait bien. Pour lui aussi en 2014, les documents d’urbanisme représentaient une contrainte technocratique qu’il fallait affronter en tant que nouveau maire de la petite commune de Neuville. Pourtant, en 2016, une fois l’âpreté technique surmontée, c’est avec une énergie renouvelée et l’appui d’un président et des vice-présidents unis que le jeune EPCI Billom Communauté met en place une gouvernance efficace pour passer toutes les étapes de l’élaboration d’un Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi). Alors en pleine fusion intercommunale, passant de 15 à 20 puis 25 communes, la jeune intercommunalité parvient à lever tous les doutes des élus communaux, proposer des possibilités d’aménagement pour chaque bourg, chaque hameau, préserver les terres agricoles et protéger tous les éléments patrimoniaux, naturels et culturels.

Ce travail colossal, accompli en un peu plus de 3 ans, ne satisfait pas entièrement les élus qui souhaitent une meilleure appropriation par leurs administrés. Ils font alors rédiger un document de vulgarisation « Le PLUi pour tous » qui au-delà d’un résumé illustré, fait comprendre l’esprit de la règle.

Visite du cœur médiéval de Billom – jeudi 24 septembre 2026


Le patrimoine de Billom est connu et reconnu, et sa labellisation en Ville et Pays d’Art et d’Histoire en est l’expression la plus prégnante.
Mais parmi ses nombreux bâtiments historiques, il en est un qui fait figure d’épine dans le pied des municipalités successives.
Dans la grande histoire mondiale des congrégations religieuses, c’est Billom qui a été choisi pour installer le premier collège jésuite de France.  Ce bâtiment de plus de 7000m2 est à la hauteur de l’importance de cette congrégation depuis le XVIe siècle. Réemployé au XIXe comme école militaire des enfants de troupe, puis à partir de 1963 comme collège public, il ferme définitivement ses portes en 1994, en étant inscrit, cette même année, à l’inventaire des monuments historiques.

Que faire d’un aussi grand bâtiment, immense friche en cœur de ville ?
Si les idées de programmes privés comme publics se succèdent, aucune n’est suffisamment crédible pour réunir les fonds et les subventions nécessaires. La vingtaine d’années d’inoccupation annoncent des travaux de réhabilitation estimés à plus de 10 millions d’euros : c’est l’impasse que connaissent trop de municipalités, héritières d’un passé qui dépasse leurs capacités actuelles.
En 2019, la municipalité, guidée par Jacques Fournier, adjoint à l’urbanisme, et Patrick Bouchain, architecte-urbaniste pionnier du réaménagement de grand bâtiment vacant, bouleverse l’approche conventionnelle : ce n’est plus la municipalité, maître d’ouvrage, qui définira le programme, trouvera un architecte pour fixer un réaménagement, cherchera les subventions pour le financer et ouvrira enfin les portes pour le proposer à des usagers.
Une permanence architecturale, assurée par Rural Combo, va ouvrir le bâtiment, le rendre accessible à des usagers potentiels, leur permettre de s’organiser tout en respectant le patrimoine pour reconquérir, année après année, chantier après chantier, usage après usage, déjà 4000m2 d’espace bâti qui revit !
Pour raconter cette belle histoire, qui se poursuit au-delà des 7 années de permanence architecturale, Rural Combo a écrit 6 cahiers de vacances, véritable méthodologie pour la remise en usage et la rénovation de l’ancien collège de Billom.

La Perm à Billom © Parc Livradois-Forez

Et si la meilleure reconversion d’une friche consistait à rendre sa place à la nature ?

À Chalmazel-Jeansagnière, le projet de renaturation de l’ancien village de vacances d’Orval illustre une nouvelle manière d’aménager. Ancien VVF situé à environ 800m du pied de la station de ski, il a ouvert en 1972. Il comprenait environ 60 logements et des salles d’activités. Après la fin de son exploitation, il s’est progressivement dégradé. Son histoire est notamment marquée par le passage à un investisseur privé en 1995, et la vente à plusieurs propriétaires privés de logements avant l’abandon du site en 2001. Cet équipement touristique devenu obsolète représente une friche d’environ 1,8 hectare. Face à la vétusté des bâtiments et aux coûts d’une réhabilitation, le choix s’est porté sur la démolition complète du site et la restauration de ses fonctionnalités écologiques, notamment par la remise en état d’une ancienne zone humide terrassée et drainée.

L’intervention de l’Établissement public foncier de l’Ouest Rhône-Alpes (EPORA), aux côtés des collectivités, permet de dépasser les difficultés foncières, techniques et financières qui freinent souvent la reconversion de ces sites. Avec un coût prévisionnel d’environ 1,4 million d’euros, cette opération souligne l’importance des dispositifs publics pour rendre possibles des projets dont la valeur ne repose pas sur une nouvelle construction, mais sur les bénéfices collectifs et environnementaux qu’ils génèrent. Il ressort des études environnementales réalisées d’envisager, par exemple, de laisser une partie des sous-sols ainsi qu’un ou deux logements comme refuges pour des chauves-souris qui ont élus domicile sur le site.

L’expérience de Chalmazel peut inspirer les communes confrontées à des bâtiments touristiques abandonnés, d’anciens équipements publics ou des terrains artificialisés. La démarche repose sur quelques principes essentiels : recenser les friches, étudier différents scénarios de reconversion, mobiliser les partenaires techniques et financiers, puis définir un devenir adapté aux enjeux locaux.

© Parc Livradois-Forez

Et si le sport devenait bien plus qu’un loisir ?

À Chalmazel-Jeansagnière, il peut être un véritable levier pour améliorer la qualité de vie, renforcer les solidarités et dynamiser le centre-bourg, en s’appuyant sur les ressources naturelles et les équipements existants.

La santé constitue le premier pilier de cette ambition. En développant les activités physiques adaptées, la marche et les actions de prévention, la commune souhaite favoriser une pratique régulière accessible à tous. En lien avec les professionnels de santé et les associations, le sport devient un outil de prévention, de maintien de l’autonomie et de lutte contre l’isolement. Cette dynamique s’accompagne d’une volonté d’accueillir des professionnels de santé et de promouvoir les activités encadrées par des accompagnateurs sportifs.

L’inclusion est le deuxième enjeu majeur. L’amélioration de l’accessibilité des équipements, des cheminements et des activités permet aux personnes âgées, à mobilité réduite ou en situation de handicap de participer pleinement à la vie locale. La commune travaille également avec les fédérations sportives pour développer des événements au départ du bourg, comme le Chalma Trail, le fauteuil tout-terrain ou les randonnées en joëlette.

Cette stratégie s’intègre à une démarche plus large de revitalisation du centre-bourg conduite avec Loire Forez Agglomération depuis 2019. L’objectif est de renforcer l’attractivité du village en agissant sur l’habitat, les équipements, les commerces et les espaces publics. La réhabilitation de bâtiments existants, tels que l’ancien collège, l’ancienne boucherie ou des locaux communaux, doit permettre de créer logements, services de proximité et activités économiques.

Enfin, l’amélioration des mobilités douces, la valorisation des espaces publics et le développement de la nature en ville participent à cette transformation. À Chalmazel-Jeansagnière, le sport devient ainsi un moteur de santé, d’inclusion et de revitalisation durable du territoire.

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