La présence du Saumon sur la rivière Dore

Le Saumon est présent sur la Dore et depuis plusieurs années, l’association LOGRAMI survole la rivière en hélicoptère afin de compter le nombre de frayères présent dans le lit du cours d’eau. Ces frayères sont les lieux de reproduction des saumons.

Le saumon atlantique est, sans aucun doute, le plus emblématique de nos poissons migrateurs, après avoir passé 1 ou 2 ans en mer, les adultes effectuent une longue migration vers la rivière où ils sont nés afin de s’y reproduire.

Arrivés en eau douce, les saumons remontent la rivière sur plusieurs dizaines voire centaines de kilomètres pour rejoindre les zones de frayères situées en amont; pendant cette remontée, le saumon cesse de se nourrir et utilise les réserves accumulées en mer.

De la mi-novembre à la fin janvier, ils se reproduisent sur des zones de graviers et galets; la très grande majorité des géniteurs meurent d’épuisement après la reproduction.

Environ 3 mois plus tard, les alevins sortent de la frayère.

Au printemps, après une à deux années de vie en eau douce, le jeune saumon passe par un ensemble de modifications qui vont lui permettre de s’adapter au milieu marin.

Une fois cette métamorphose réalisée, le jeune saumon, devenu smolt, dévale la rivière pour rejoindre les zones d’engraissement en mer situées essentiellement au large du Groenland et des îles Féroé.

Les sites de reproduction (fraie) correspondent à des habitats spécifiques et sont propres à chaque espèce. Le comptage des frayères permet d’évaluer la reproduction naturelle des poissons grands migrateurs. Ces suivis permettent aussi d’identifier le front de colonisation (migration la plus amont observée) des espèces sur chaque axe en rapport avec les conditions de débit, température et de difficulté de migrations induites par les obstacles.

Les frayères recensées par LOGRAMI permettent d’avoir un indice sur l’abondance et la répartition géographique des géniteurs au moment de la reproduction. Cette action fournit de plus des informations sur le front de migration. Cela permet d’avoir des indices sur les abondances dans les cours d’eau où aucun comptage des poissons n’est possible. Le repérage systématique des frayères permet d’établir des cartographies précises des lieux de ponte et d’estimer la reproduction naturelle. Il permet également de visualiser les effets de mesures de gestion telles que l’effacement ou l’aménagement d’ouvrages par une augmentation du linéaire colonisé.

Depuis 5 ans, LOGRAMI survol la Dore depuis sa confluence avec la Dolore à Marsac en Livradois jusqu’à sa confluence avec l’Allier afin de comptabiliser les frayères de saumon. Ce sont 104kms qui sont ainsi parcourus depuis les airs pour compter les lieux de ponte des poissons.

Evolution du nombre de frayères de saumon comptabilisées sur la Dore depuis la mise en place du suivi par survol

Les frayères sont présentes généralement sur l’aval de la Dore car les poissons sont rapidement confrontés à des difficultés de franchissement de certains ouvrages.

D’autres mesures d’abondance ont lieu au travers de pêche électriques des jeunes saumons appelés « tacons » mais l’abondance demeure très faible à faible sur les sites référents causée probablement par des problèmes de survie des juvéniles et d’accessibilité des géniteurs (75000 alevins déversés chaque année).

Ceci malgré des résultats qui indiquent que les conditions d’incubation des œufs sont « bonnes » avec des sites (Peschadoires-Mayoux, Aval Pt Giroux et Suargues) où le taux de survie est supérieur aux bonnes conditions d’incubation. Le taux de survie obtenu sur le Dore représente le 2ème meilleur taux enregistré depuis les premiers suivis en 2009.

Les résultats obtenus sur le bassin de la Dore montrent que la rivière peut accueillir de la reproduction de salmonidés tout en assurant une bonne survie des œufs sur les parties moyenne et amont du bassin.

La Dore présente donc des potentialités d’accueils non négligeables à l’échelle du bassin de l’Allier, 80 % des surfaces productives en juvéniles localisées en amont du barrage de Sauviat.

Cependant, le potentiel productif de la Dore n’est pas exploité significativement par des géniteurs de saumon. Cette quasi-absence de retour de géniteurs sur la Dore malgré le déversement d’alevins depuis 2010 révèle des problèmes dans l’accomplissement des différentes étapes du cycle biologique des individus déversés (croissance en rivière, dévalaison, montaison).

La production de smolts prêts à dévaler de la Dore est limitée. Par ailleurs, cette faible production doit être probablement impactée par la présence, en aval des stations « alevinées », d’ouvrages hydro-électriques mal ou non équipés pour la dévalaison des smolts.

Un affinage du plan d’alevinage, comportant la réduction des quantités déversées par points et l’augmentation du nombre de points pourrait diminuer les effets négatifs des surdensités déversées (mortalité par prédation et compétition intra et interspécifique).

SOURCE : Association LOGRAMI http://www.logrami.fr/

3 réflexions sur « La présence du Saumon sur la rivière Dore »

  1. Bonjour cher Logrami,
    Bonjour amis du Parc,

    Je conçois volontiers l’impact néfaste de l’hydo-électrique mais je suis quand même surpris qu’on n’évoque même pas le problème de pollution chimique et encore moins celui du colmatage du lit par les dépôts de boues.
    Quand certaines entreprises prendront enfin leurs responsabilités ?
    Ne sentez vous pas l’odeur d’égouts agravée qui remonte maintenant jusqu’aux villages qui dominent le site de Giroux ?
    Il suffit de descendre de de l’hélicoptère et de respirer.

    Manger le poisson de la Dore, ce n’est pas pour demain, ni se baigner dans l’eau de cette magnifique rivière, alors pour ce qui est d’en boire …
    A la votre, chers saumons !

  2. Le , PERISSEL Bernard (ancien membre du Comité syndical du Parc Naturel Régional Livradois-Forez, ayant participé à la rédaction de la Charte actuelle)) a dit :

    Bonjour,
    Biologiste (naturaliste de formation oeuvrant depuis le plus jeune âge pour la protection de la Nature), j’ai lu, avec beaucoup d’intérêt, cet état des lieux pour le saumon de la Dore et Allier. Parmi les nombreux facteurs hostiles (barrages, pollution de l’eau liée à l’agriculture et industrie, faibles niveaux d’eau, etc..) au retour de ce poisson dans le bassin Loire/Allier/Dore, ne pensez-vous pas que la modification de la température de l’eau (1/2-1°C), liée au réchauffement climatique (?) pourraît avoir aussi un impact sur la faune piscicole ? Etant pêcheur, depuis le plus jeune âge, j’ai fait la constatation d’une chute surprenante et brutale du nombre d’espèces de poissons (truites, poissons blancs, …) survenue, en même temps, ( ayant débutée dans les années 1975 et s’étant accentuée..)dans toutes nos rivières auvergnates, tant dans des zones « protégèes de toute pollution (ex. « l’Asroux » dans les monts du Livradois où l’eau était censée être « pure ») que de Limagne (ex. le Buron, dont la richesse piscicole était exceptionnelle)….

  3. Bonjour,
    en lisant cet article je m’interroge sur la chute brutale du nombre de frayères en 2015 indiquée dans le diagramme « Evolution du nombre de frayères de saumon ». Avez-vous une explication ? une hypothèse ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Conformément à la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée et au Règlement (UE 2016/679)du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données), les personnes disposent d’un droit d’accès, de rectification et d'effacement des informations qui les concernent, d'un droit d'opposition pour des motifs légitimes, d'un droit à la limitation du traitement et d'un droit de réclamation auprès de la CNIL. Les informations personnelles que vous nous communiquez par l’envoi du formulaire ou par tout autre moyen sont strictement confidentielles et destinées au traitement de vos demandes par les agents du Parc. Elles ne seront transmises à aucun tiers. Vous avez la possibilité d’exercer vos droits par demande écrite accompagnée d’une pièce d’identité, à destination de la Maison du Parc.

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.