Eco-pâturage des dunes des Girauds-Faures

Au cœur du site Natura 2000 de la Plaine des Varennes, les dunes continentales des Girauds-Faures, sur la commune d’Orléat, présentent de nombreux enjeux écologiques. Ce site accueille depuis septembre des moutons et des chèvres pour assurer le débroussaillage et l’entretien des espaces naturels.

Historique du site

Aujourd’hui sur la commune de Mons, 17 km plus au Nord, la confluence entre l’Allier et la Dore se situait il y a plus de 20 millions d’années à Orléat, au lieu-dit les Girauds-Faures. Les dunes continentales présentes sur ce site où se sont accumulés des sables témoignent de ce passé.

Aux XIX et XXème siècles, des témoignages font part de l’utilisation des dunes pour le pâturage avec des troupeaux mixtes (vaches, moutons et chèvres). Ce qui a maintenu un paysage ouvert.

Les dunes ont aussi subi différentes atteintes, en particulier des prélèvements de sable, la fréquentation de véhicules à moteur, l’apport de déchets et encombrants.

Au cours du temps, le paysage des Girauds-Faures s’est modifié. Avec la déprise agricole de la deuxième moitié du XXème siècle, les pelouses se sont progressivement embroussaillées puis boisées. Les ronces, les genêts, les chênes, et surtout les pins en ont profité pour s’installer. Sur les anciennes pelouses dunaires se trouvent désormais des friches ou des bois.

Pour protéger le site, un arrêté municipal interdisant la circulation des véhicules à moteur a été pris en 2003 et des clôtures ont été posées en 2010.

Enjeux écologiques

Les dunes des Girauds-Faures correspondent à une accumulation de sables fins et grossiers en alternance, pauvres en calcium et en bases minérales. Ces sables constituent un sol filtrant et instable où se développe une végétation semblable à celle des dunes décalcifiées du littoral atlantique. Il s’agit donc vraiment d’un site atypique, rare en France et même en Europe.

La nature du sol, combinée au climat, permet la présence de pelouses à Corynéphores (graminées). Cette association de plantes est jugée d’intérêt communautaire ce qui explique l’intégration de ces parcelles au site Natura 2000 de la « Plaine des Varennes ». Ces milieux abritent également de nombreuses espèces d’insectes prédateurs (hyménoptères) qui enfouissent leurs proies dans le sable. Enfin, le Guêpier d’Europe, qui niche certaines années sur les parois verticales de sable et trouve sa nourriture sur place, fait aussi partie des richesses du site.

Un contrat Natura 2000 pour la mise en place d’un éco-pâturage

La commune d’Orléat, en partenariat avec le Parc Livradois-Forez qui anime le site Natura 2000 et la Société d’Histoire Naturelle Alcide d’Orbigny (SHNAO), a réalisé plusieurs opérations de défrichage dès les années 2010. Malgré ces efforts, la dynamique de la végétation semble plus forte et les milieux ouverts subissent une colonisation par les genêts.

Forte de cette expérience, la commune d’Orléat souhaite prendre le taureau par les cornes ou plutôt les chèvres …

En effet, elle a réalisé des travaux d’entretien des clôtures pour accueillir depuis septembre des chèvres et des moutons. Ces petits animaux ont été choisis pour leur faible poids, qui ne détériore pas la végétation fragile des dunes, et pour leur goût prononcé pour les arbres et les arbustes. Ce sont donc les animaux qui assureront le maintien de l’ouverture du milieu nécessaire aux espèces et habitats typiques des dunes continentales.

Ces travaux sont financés par la commune d’Orléat avec une participation de l’Etat et de l’Union Européenne via un « contrat Natura 2000 » conçu avec l’aide du Parc Livradois-Forez.

2 réflexions sur « Eco-pâturage des dunes des Girauds-Faures »

  1. Bonjour,
    Cette solution a le mérite d’allier agriculture et biodiversité. Mais elle repose sur la bonne volonté de l’homme. Et a un coût.
    Une autre solution d’entretien du milieu serait d’utiliser la faune sauvage. Et de s’interroger pourquoi nous n’avons pas de cerf élaphe, pourquoi les densités de chevreuils sont faibles, pourquoi nous n’avons pas de chamois, de mouflons, de bisons. Tous les grands ongulés sauvages ont disparu et/ou ne sont pas en nombre suffisant pour jouer leur rôle. Des réflexions devraient être faites sur ce sujet. Par exemple, le parc pourrait demander au Préfet à ce que des cerfs retrouvent notre territoire. Les forestiers n’en veulent pas. Doit-on n’écouter qu’eux ? La majorité des départements de France ont des cerfs et une exploitation forestière, ce n’est pas incompatible.

    • Bonjour,
      Oui vous avez raison, le plan de gestion du site fait par la Société d’Histoire Naturelle Alcide-d’Orbigny mentionne le rôle d’entretien que pouvait exercer les lapins sur le site. Malheureusement cet équilibre fragile a disparu et nous essayons de trouver la solution la plus pertinente vis-à-vis des enjeux écologiques du site.

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