Pilulaire à globules : le retour d’une plante protégée

Malgré le statut d’espèce protégée, certaines espèces végétales menacées disparaissent. Parfois, grâce à des travaux de restauration, elles réapparaissent. C’est le cas de la Pilulaire à globules, une petite plante de la famille des fougères.

Une histoire d’écologie

La Pilulaire à globules aussi appelée Boulette d’eau, Pilularia globulifera, est une plante qui fait partie des fougères. C’est une espèce que l’on retrouve sous le climat atlantique et dans des milieux qui se réchauffent rapidement. Amphibie, elle supporte des périodes où elle est sous l’eau et des périodes sans eau. Enfin on dit qu’elle est oligotrophe, terme qui se rapporte à des milieux pauvres en nutriment.

Après l’énoncé de son écologie, on comprend pourquoi on la retrouve principalement dans l’Ouest de la France, sur les rives des étangs et des gros cours d’eau où les variations du niveau d’eau sont très importantes. La Brenne et la Sologne sont des bastions pour cette espèce menacée et protégée au niveau national.

Et dans le Livradois-Forez ?

En Auvergne, seule une dizaine de communes abrite la Pilulaire à globules. Dans le Parc Livradois-Forez, une seule commune pouvait se vanter d’avoir cette petite fougère dans son patrimoine naturel : Bort l’étang, située au nord-ouest du Parc dans le site Natura 2000 de la Plaine des Varennes. Cette petite région naturelle est caractérisée par un paysage dominé par les prairies, les étangs et le bocage. Malheureusement, malgré le suivi régulier de cette station située sur un ancien étang, la plante avait fini par disparaitre. L’évolution naturelle avait conduit la zone humide à être colonisée par des massettes (sorte de grands roseaux) et des saules puis à s’assécher progressivement.

Des travaux pour retrouver des conditions favorables

A l’automne 2018, le Parc a donc proposé au propriétaire de réaliser des travaux de restauration pour défricher la parcelle puis décaper le sol finement sur une dizaine de centimètre. Cette opération aussi nommée étrépage permet de redonner des conditions favorables aux espèces pionnières, des variations de niveau d’eau et de mettre en lumière les graines stockées dans le sol.

Dès le printemps 2019, quelques tâches de Pilulaire à globules sont venues coloniser les bordures de la zone humide.

Pour pérenniser le retour de cette plante protégée, l’exploitant agricole a accepté de mettre en place des pratiques extensives avec peu d’animaux à l’hectare et aucune fertilisation.

Cette opération a été réalisée avec des financements de l’Etat et de l’Europe via Natura 2000, démarche qui est porté par le Parc Livradois-Forez sur ce site. Il faut également souligner l’implication du Conservatoire Botanique National du Massif Central qui suit avec attention la flore protégée et en particulier cette station de Pilulaire à globules.

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